Enfin,le Gabon a ratifié la Convention Cadre pour la lutte antitabac.
Après plusieurs années d'hésitation , voire d'incompréhension, la Convention Cadre pour la Lutte Anti-Tabac de l'OMS (CCLAT) vient d'être ratifiée par le Gabon officiellement ce 20 Février 2009, date à laquelle l'instrument de ratification a été déposé au siège de l'OMS à Génève, et ce conformément à la procédure prévue en la matière.
En effet, c'est la fin d'un long processus, j'allais dire d'un long combat, qui aura duré de mai 2003 à février 2009.
C'est donc une autre phase qui commence pour la lutte antitabac au Gabon, pays que l'industrie du tabac pensait avoir conquis.
C'est effectivement le 26 janvier 2009 que le Président de la République Gabonaise a accomplit le dernier geste concernant ce dossier, puis l'instrument de ratification a été déposé trois semaines plus tard.
Nous disons merci à tous les acteurs de la société civile gabonaise et à la représentation de l'OMS au Gabon pour leur entière implication dans l'aboutissement de ce dossier. Comme l'affirmait Madame Moussouamy Ghislaine de l'OMS au Gabon, c'est Maintenant que la lutte contre le tabagisme va effectivement commencer au Gabon.
Nous y reviendrons...
Ci-dessous, certains extraits de nos appels à ratification, appelS que nous avions lancés récemment qui viennent enfin de porter leurs fruits.
Trop facile! ont indirectement rétorqué aussi bien les organisations de la société civile de lutte contre le tabagisme, la représentation locale de l'OMS et le parlement gabonais. A preuve, aux mois de septembre et octobre 2008, grâce à l'action conjuguée des partenaires au développement et la société civile, les deux chambres du parlement gabonais ont adopté sans coup férir la loi autorisant la ratification de la CCLAT.Trois mois après ce vote historique et alors même que l'on pensait cette étape déjà franchie, le dossier relatif à la ratification semble une fois encore mis dans un tiroir du ministère de la santé publique et de l'hygiène publique.
Cette situation révèle au grand jour, s'il en était besoin, la forte influence de l'industrie du tabac sur les actions gouvernementales, notamment celles relatives à la protection de la santé des populations face au fléau du tabagisme,que le gouvernement gabonais, et principalement le département de la santé publique et de l'hygiène publique était sous une forte influence de l'industrie du tabac.
Tout semble démontrer que les firmes du tabac n'ont pas dit leur dernier mot et n'entendent pas relâcher le terrain fructueux qu'est le Gabon pour leurs activités. Faut-il rappeler les propos du Directeur Général de la SOCIGA l'année dernière sur les antennes de la première chaine de Radio et Télévision nationale du Gabon, la RTG1 qui confirmait que le Gabon constituait une plateforme importante pour le commerce du tabac dans la sous région Afrique Centrale, en ce qu'il permettait de ravitailler l'ensemble des régions en crise au niveau de l'Afrique centrale? Voir notre article sur l'intolérable ingérence de l'industrie du tabac sur la politique gouvernementale
Un tel mépris vis à vis non seulement des populations pauvres, victimes des méfaits du tabagisme aussi bien passif que actif , et qui éprouvent tout le mal du monde à accéder aux soins de santé primaires, vient se doubler d'une volonté manifeste pour l'industrie du tabac de défier la représentation nationale de ce peuple. Car comment comprendre que les élus du peuple,la représentation nationale, consciente des ravages causés par la maladie du tabac à la population gabonaise,décide de soulager les maux de ce dernier en autorisant la ratification de la loi qui devrait protéger ce dernier, reste trois mois après dans un tiroir.
Pendant combien de temps doit on continuer à accepter que les intérêts égoïstes de certains continuent à primer sur la santé de l'ensemble des gabonais? Le parlement doit-il ainsi se laisser défier par des industriels sans foi ni loi?
Voilà autant de questions que nous posons aussi bien aux autorités du ministère de la santé qu'aux responsables du parlement gabonais, qui selon les dispositions de la loi, ont le pouvoir d'interpeler le gouvernement sur la non ratification jusqu'à ce jour de la Convention Cadre pour la Lutte AntiTabac (CCLAT).