Les sociétés Africaines contemporaines évoluent dans un contexte de dualisme, caractérisé par la coexistence entre la tradition et le modernisme . On peut constater en effet, qu’en dépit du développement des connaissances scientifiques, le regard de certains individus n’en demeure pas moins détourné vers nos coutumes traditionnelles . Ainsi, il n’est pas étonnant de voir que bon nombre de personnes de la société Africaine qui optent encore pour les guérisseurs traditionnels, pour des problèmes de santé, au lieu de se rendre dans un centre hospitalier ou un dispensaire moderne.

Peut-on alors dire que le recours au guérisseur traditionnel lors d’un problème de santé se justifie à travers deux aspects :

Premièrement ,il y a le fait qu’il représente un trait culturel, histoire de pas perdre les bonnes habitudes de nos ancêtres d’une part, mais aussi beaucoup d’individus croient en le fait que la médecine scientifique est parfois limitée devant certains cas d’autre part.

Parlant du trait culturel, il faut préciser que les populations Africaines n’ont pas toujours été en contact avec le modernisme et ne connaissent pas en général les progrès scientifiques et la médecine occidentale en particulier .

Si l'on consisère ce point il va sans dire que pour la société Africaine ou précisément ces individus, les problèmes d’ordre sanitaire trouvent leurs premières solutions au niveau traditionnel . A ce titre les Guérisseurs traditionnels et autres tradi-praticiens deviennent les seuls détenteurs du pouvoir de Guérison . De ce fait, cela explique dans la mémoire collective une croyance qui favorise la résistance au départ vers l’hôpital moderne d’une part et le manque de confiance en cette médecine d’autre part.

Il n’est pas rare de trouver chez nous en Afrique, des personne qui refusent d’être opérée ou être transportée à l’hôpital lors d’un malaise, car considérant que le miracle de la Guérison sera possible en se faisant traiter traditionnellement .

Outre ce fait d’absence de contact avec le modernisme s’ajoute aussi celui de la confiance en cette science importée d’ailleurs .
Beaucoup croient plus et font plus confiance aux Guérisseurs que d'accorder leur confiance aux médecins modernes, qui le plus souvent ne font que prescrire des listes de médicaments dont l’efficacité est parfois contestée par certains individus, mais aussi par le manque de moyens financiers qui serait en mon sens l’un des facteurs les plus virulent de cette société dans laquelle bon nombre ne trouve pas toujours leur compte financièrement, ainsi certains membres de cette dernière préfèrent se rabattre vers les Guérisseurs qui parfois sont souples .

Quant - au problème d’insuffisance scientifique, il en ressort effectivement que cette science est souvent limitée face aux multiples interrogations que soulèvent les populations . Puisque les Guérisseurs traditionnels agissent beaucoup plus en psychologie qu’en médecin traditionnel proprement dit, il est claire qu’ils y gagnent pour beaucoup . S’il est vrai que les Guérisseurs traditionnels occupent une place de choix dans la vie des populations Africaines, alors le rôle des médecins modernes ne s’en trouve pas moins négligeable . D’abord, une telle attitude ne saurait s’expliquer . En effet, du point de vue de l’exactitude de la science et compte tenu de la spécialisation de chaque domaine de la médecine moderne, en faisant une analyse objective de la situation, il apparaît qu’une telle position n’est pas soutenable. En ce qui concerne le caractère exact de la science, il faut souligner qu’il représente le point de distinction principal entre les médecines traditionnelles et celles modernes . En effet si les guérisseurs feignent le diagnostique et émettent des spéculations sur les différents cas de maladies, il n’en demeure pas moins des médecins modernes.
Ces derniers disposent de toutes la technologie moderne et de toutes les connaissances, aussi théorique que pratique sur la presque totalité des pathologies qui se présentent à eux.

Quant à la notion de spécialisation, elle implique une rationalisation du travail, et permet ainsi d’écarter tout risque de confusion et d’inefficacité dans le domaine d’application exercée . A ce propos il faut que l’on dise qu’une infection ne peut être bien traitée que par la connaissance scientifique que l’on a sur elle et ses origines . Par ailleurs, un médecin moderne, ne peut non seulement bien soigner une maladie, mais il peut toute fois la prévenir contrairement au médecin traditionnel qui n’en connaît souvent pas l’origine .
C’est dire que le recours à la médecine traditionnelle ne saurait être expliquée au regard du développement des connaissances Scientifiques Modernes .

En effet une telle opinion serait soutenable, considérant l’exactitude de la science pour une part, et bien évidemment le fait de la spécialisation d’autre part dans chaque domaine de la médecine moderne .Le développement des connaissances scientifiques assurent la guérison et permet de prévenir des maladies . Cependant non nonobstant ce degré de précision, les guérisseurs traditionnels sont éventuellement le choix chez les différentes populations .
A mon humble avis un scanner de la tête réalisé par un médecin moderne nous renseigne mieux plus exactement sur l’origine d’une maladie cérébral, qu’une simple supposition impertinente et vile d’un médecin traditionnel .

En définitive, disons qu’il apparaît clairement que de la coexistence entre le traditionalisme et le modernisme, il se traduit non seulement les insuffisances de part et d’autre , mais aussi surtout leurs interdépendances .
Il convient donc de dire ici que le recours à la médecine traditionnelle est un comportement explicable et justifié en Afrique, dans la mesure ou les solutions apportées par la science dans certains domaines, et surtout que la science ne peut répondre à toutes les interrogations dans tous les domaines. Il serait peut être temps que les médecins traditionnels et ceux modernes se rallient afin de mieux combattre certains maux.