ETUDE DE CAS
Analyse sur la qualité de vie au travail
I-Identification du sujet
1-Age : 39 ans
2-Sexe : Feminin
3-Formation : Institutrice principale en classes maternelles
4-Fonction occupée : Inspecteur pédagogique du 1er dégré (5 ans)
5-Ancienneté au sein de l’organisation : 18 ans
6-Situation civile et familiale : Célibataire
7-Implications personnelles :
Recherches personnelles
Elaboration des projets pédagogiques
Encadrement des enseignants
II-Entretien
1-Description de la Fonction occupée, des tâches et Responsabilités liées au poste
Fonction occupée
Un inspecteur pédagogique du 1er degré (Inspecteur d’éducation préscolaire) a pour profil d’emploi et fonctions normales :
Inspection;
Encadrement et animation des enseignants du 1er degré;
Animation dans les établissements du 1er degré en enseignement direct dans les écoles de formation professionnelle;
Contrôle et aménagement du cadre de vie scolaire.
(Toutefois les attributions peuvent varier suivant le service d’affectation)
Tâches liées au poste
Notre sujet a pour tâches :
Visiter les écoles;
Confectionner les outils de travail (Bulletin d'inspection actuellement);
Assister aux formations;
Organiser des séances de travail avec des partenaires sur la formation des enseignants.
Responsabilités liées au poste
« Je suis affectée dans un pool d'inspection » nous a-t-elle dit. En outre sa responsabilité première est de veiller au respect des textes (effectifs des classes, heures de cours, conditions d'enseignement).
2-Description des conditions de travail physiques et matériel
Conditions de travail physiques
Dans la plupart des cas, les inspecteurs pédagogiques sont soumis à des conditions de travail peu satisfaisantes:
Déplacements dans des transports commun (souvent pénibles);
Trop grande implication dans le travail qui est le leur;
Ces derniers vont parfois jusqu'à passer les commandes des table-bancs des élèves, bureaux des enseignants, chaises, ...et les faire transporter si ce n'est eux mêmes qui les transportent.
En outre, bien qu'ayant des heures en vigueur, ils consacrent souvent plus de temps à leur travail, sur le terrain si ce n'est à la maison à cause de son ampleur. A cet effet, notre sujet nous a dit se donner à fond dans son travail et prendre tout le temps possible à son accomplissement (« je travail au delà des heures réglémentaires et même le week-end »). Pourtant, elle ne dispose d'aucun moyen de transport personnel et se contente de prendre le taxi dans presque tous ses déplacements (« je suis quelques fois transportée par des connaissances, sinon je suis en taxi. Pour des livraisons lourdes, je joue avec mes relations pour que cela ne me coûte pas très cher »).
Conditions de travail matérielles
Les conditions de travail matérielles de notre sujet, comme pour certains de ses collègues et collaborateurs se résument en :
Une absence de bureau (Seul le chef de service y a droit);
« Puisque nous n'avons pas de bureau, on se retrouve en salle de réunion pour faire le point sur une question », nous fait savoir l'intérrogée.
Un service d'archives mal organisé (au point ou on perd);
« Ne pas avoir des archives ou les avoirs mal organisées nous amène parfois à refaire le même travail et à perdre du temps sur des questions pratiques », ajoute t-elle.
Absence de bibliothèque
« Pour se documenter chacun dispose d'une documentation personnelle, c'est peut-être égoïste mais cela nous aide et fait avancer les choses ».
3-Aperçu de la qualité des relations interpersonnelles au travail et du soutien de la part des collègue et du chef
Notre sujet pense entretenir de bonnes relations avec l'ensemble de ses collaborateurs bien que certains enseignants soient moins réceptives que d'autres. La première relation est celle de travail, à côté de cela, les relations entretenues sont le plus souvent amicales.
Qualité du soutien perçu des collègues
Avec ses collègues, l'intérrogée pense que:
- Travailler en collaboration (avec les inspecteurs d'autres départements tels I.P.N, E.N.I par exemple) est un appui;
- Echanger des documents avec ses collègues, un soutien; et,
- Remplacer numériquement pour l'accomplissement de certaines tâches en cas de vacation d'un des leurs est un apport.
Qualité du soutien perçu du chef
Le chef de service de notre sujet est ouvert à:
Faire des suggestions par rapport au travail à accomplir;
Apporter des corrections et des conseils...
4-Description des stresseurs rapportés par le sujet
1- Stresseurs Physiques
« Le moyen de transport utilisé(Taxi)m'expose aux problématiques de bruit, intempéries et horaires de travail ».
Le bruit apparaît dans les conversations diverses à l'attente du taxi, dans le taxi bus tout au long du trajet et dans les salles de classe pléthoriques où les élèves sont incontrôlables tous à la fois.
Les intempéries : grande chaleur, sous le soleil et pluies qui s'abattent sur les têtes. Une fois de plus, à l'attente du taxi on peut être exposé à la chaleur du soleil, et aux pluies qui s'abattent constamment sur la ville.
Les horaires de travail sont souvent tronqués lors de la pénuries de taxi, pendant les pluies et lorsque qu'il fait très chaud car, on accuse du retard dans tous les cas.
2- Stresseurs Psychologiques
Ambiguïté des rôle (« Des fois je ne comprend rien à ce qui m'ait demandé mais, je me met tout de même à la tâche »).
Problème de leader ship(« En l'absence du chef de service, certains voudraient s'accaparer le pouvoir et se permettent à tout vent de donner des ordres, même n'ayant jamais été mandaté »).
5-Les réponses au stress
Le stress entretenu par notre sujet pendant son travail se projette dans:
la fatigue;
le découragement;
l' insatisfaction;
l'épuisement;
l'inquiétude;
les problèmes gastriques;
6-Efforts fournis par l’organisation pour améliorer la qualité de vie au travail
Pour améliorer la qualité de vie au travail des employés de cette organisation:
Des promesses jusque là non réalisées sont faites;
Des paroles d'encouragements motivent les travailleurs;
Aucune pression ne leur ai soumis.
La direction de l'organisation dit pouvoir améliorer les conditions de vie des inspecteurs pédagogiques. Notre interrogée fait transparaître une négligences de sa part et s'en tient au contentement des promesses non réalisées. Car, il ne s'agit pas de promesses mais, de mettre en oeuvre des moyens pour l’aménagement des bureaux et des autres conditions de travail tels les moyens de transport.
III-Synthèse
Selon les informations fournies par la recherche sur la « qualité de vie au travail » dans le site altavista.com, sur la fenêtre « semaine de la qualité de vie au travail dans toute la France du 3 au 7 mai 2004 (S.Q.V.T)», nous apprenons que:
Au delà de la question de la sécurité de l’emploi et des parcours professionnels,
la qualité de vie au travail se traduit par :
l’amélioration de la santé et de la sécurité au travail (prévention des risques professionnels, TMS, charge de travail, confort au travail…) ;
le développement professionnel (autonomie, formation, validation des acquis, développement des compétences et des responsabilités, variété et diversité des tâches au travail,…) ;
l’amélioration de l’environnement social au travail (travail en équipe, qualité des relations sociales, participation des salariés aux décisions, relation clients…) ;
la conciliation entre vie au travail et hors travail (rythme de travail, vie familiale, égalité hommes/femmes, loisirs, transports, accès aux services…).
L'entretien eu avec notre sujet d'étude de cas montre clairement que dans son travail, la présence du stress n'est pas rare. En effet, le stress est un état accompagné de plaintes ou dysfonctionnements physiques, psychologiques ou sociaux, et qui résulte du fait que les individus se sentent inaptes à combler un écart avec les exigences ou les attentes les concernant. L'individu est capable de gérer la pression à court terme qui peut être considérée comme positive mais il éprouve de grandes difficultés face à une exposition prolongée à des pressions intenses. En outre, le stress n'est pas une maladie mais une exposition prolongée au stress peut réduire l'efficacité au travail et peut causer des problèmes de santé. (…).
Aussi, les conséquences résultant de ce stress au travail sont les différentes réponses au stress pré-citées que sont la fatigue, le découragement, l'insatisfaction, l'épuisemen, l'inquiétude;les problèmes de santé (gastriques, céphallées...).
La fatigue peut avoir une influence directe sur la qualité du travail effectué. Elle est un état consécutif à un travail réalisé sous certaines conditions (une certaine contrainte) objectivable par des symptômes, et induisant une perte temporaire et réversible de l’efficience. Une perte non temporaire, non réversible, serait une atteinte à la santé, une invalidité définitive. La fatigue amoindrit les ressources. En cas de fatigue, ces ressources (physiques, attentionnelles, etc.) diminuent. Le découragement pour sa part est un état d'esprit qui traduit l'incapacité à réussir quelque chose. L'insatisfaction tient à toutes sortes de problèmes de gestion du temps, de déplacements et d’organisation.Aussi, l'épuisement se manifeste en général par un ensemble de plaintes assez vagues. L'élément central de cet épuisement est la disproportion entre les exigences du travail et les besoins personnels. L’inquiétude est souvent définie par ce sentiment bizarre « d’une crainte due à l’incertitude ou à l’appréhension d’un événement », dans notre cas c’est moins grave mais plus inquiétant : la mauvaise réalisation du travail.
Les liens travail/santé sont très complexes. Il faudrait prendre en compte la vie professionnelle et la vie privée sur la base des critères professionnels, mais aussi individuels (âge, activité physique, hygiène de vie, alimentation,...), sociaux, familiaux (antécédents,…). Les problèmes de santé dus au stress occasionnent des disfonctionnements hors travailétant donné que c'est la même personne qui agit dans les deux contextes. En effet, le Mal d'estomac duquel se plaint notre sujet est la conséquence directe de la pression occasionné par l'empleur du travail. Aussi, le fait pour elle de se trouver tendue, énervée, même en dehors de son milieu professionnel, fait transparaître clairement cette pression permanente qui la poursuit. Elle le montre quand elle dit: « mon cœur bat fort lorsqu'on m'irrite et là je hausse le ton »). Bien qu'ayant presque 40 ans notre sujet vit sans conjoint. De plus, elle s'absente toute la journée de la maison et crier sans arrêt sur les deux enfants dont elle a la charge.
Dans le service d'inspection et partant sa direction, le travail et les tâches sont changés par les réalités de terrain, organisationnelles et sociales. Là, les conditions de travail ont pour conséquences non seulement une impression de lourdeur, mais aussi de fatigue et du stress. De plus, l’aménagement de l’espace de travail et la qualité de vie au bureau s’affirment de plus en plus comme un nouvel enjeu de bien être professionnel. C'est ainsi que plusieurs salariés jugent que le cadre de travail a un impact important sur leur efficacité et estiment qu’il agit sur leur motivation. En effet, l'absence de bureau pour notre sujet constitue une gène, un manque d'intimité et de concentration d'ou l'affirmation de consolation: « on se retrouve en salle de réunion pour faire le point sur une question »c'est à dire, « nous avons au moins un endroit ou travailler en cas de besoin », ce qui l'amène quelques fois à s'absenter.
Toutefois, un niveau élevé d'absentéisme ou de rotation du personnel, des conflits personnels ou des plaintes fréquentes de la part des travailleurs sont quelques-uns des signes pouvant révéler la présence de stress au travail. L'identification d'un problème de stress au travail peut passer par une analyse de facteurs tels que l'organisation et les processus de travail (aménagement du temps de travail, degré d'autonomie, adéquation du travail aux capacités des travailleurs, charge de travail, etc.), les conditions et l'environnement de travail (exposition à un comportement abusif, au bruit, à la chaleur, à des substances dangereuses, etc.), la communication (incertitude quant à ce qui est attendu au travail, perspectives d'emploi, changement à venir, etc.) et les facteurs subjectifs (pressions émotionnelles et sociales, impression de ne pouvoir faire face à la situation, perception d'un manque de soutien, etc.).
Sources de recherche:
Notes de cours
Recherches sur internet des sites: www.google.fr/www.altavista.com
« Accord européen sur le stress au travail » du 16 juillet 2002
Yves Lasfargue, 2005, Kit 2005 de mesure de la pénibilité et du bien être dans la société de l’information, Publication de l’OBERGO (OBservatoire des conditions de travail et de l’ERGOstressie).
Extraits de « Charge et stress » de Pierre Falcon et Catherine Sauvagnac – Chapitre de l’ouvrage collectif « Ergonomie » - Presses Universitaires de France - 2004
|