Le rêve des jeunes s’effondre comme un château de cartes…
En 1992, Shell Gabon lance un concept qui allait révolutionner la jeunesse gabonaise, du moins ceux qui avaient au fond d’eux la flamme de l’initiative privée. Avec la création de la Fondation Entreprise en Création à l’université Omar Bongo, Shell Gabon avait pensé entretenir certains étudiants de fin cycle autour de leur rêve de création : l’entreprise. Ces derniers n’ont pas tardés à défiler à la Fondation, qui venait juste d’ouvrir ses portes, afin de se faire connaître et proposer leurs idées d’entreprise. Parmi eux mon ami Landry avec son projet de production industriel de poisson salé (même vous-même, vous croyez que ça ne pouvait pas marcher ?) et Sonia qui avait pour idée de fabriquer, produire et vendre en quantité industrielle l’huile d’amende douce (made in Gabon…). En réaction à leur projet, Shell Gabon avait mis à leur disposition ainsi qu’à d’autres étudiants une série d’assistants parmi lesquelles une consultante en développement des entreprises – Rita la dame de fer. Cette dernière a formé les étudiants sur les mécanismes de la création d’entreprise et sur les notions de développement personnel qu’aucun étudiant, ayant assisté à cette formation, ne regrette aujourd’hui ; en tout cas moi je ne regrette pas d’avoir passé près d’une année à recevoir cette formation, bien que j’était encore au Lycée.
Parallèlement aux étudiants, Shell Gabon a également lancé le même concept mais cette fois-ci en miniature à l’école secondaire et à l’école primaire : c’était le concept JEUNES EN CREATION (secondaire) et L’ECOLE QUE J’AIME (primaire). C’était magnifique ! Dans les écoles primaires, les élèves étaient emmenés à entretenir leur école en agissant sur leur environnement immédiat par le nettoyage permanent de la cours, la pause des décorations diverses, des créations d’espaces verts, les jeunes travaillaient ensemble sous la direction du directeur qui ne voulait pas se faire surprendre par les étudiants-évaluateurs que Shell Gabon déléguaient périodiquement pour constater l’effort fourni et récompenser la meilleure école (concours l’Ecole Que J’aime - EQJ) au cours d’une cérémonie officielle où le ministre de l’éducation nationale était convié. Ces évaluateurs étaient encore des étudiants sélectionnés et formés pour accomplir ces missions passionnantes à travers le Gabon profond.
Au secondaire, l’action était plus complexe car les élèves étaient emmenés à s’organiser en club appelé CLUB JEUNES EN CREATION. Ainsi, nous avions le club Jeunes en Création du Collège Val Marie de Mouila, le club Jeunes en Création du Lycée Djoué Dabany à Libreville, et bien d’autres à travers les 9 provinces du Gabon. Imaginez l’engouement qu’il y’avait dans ces clubs lorsqu’il s’agissait de participer au grand concours inter établissements de la meilleure TOILE organisé par Shell Gabon. Les jeunes apprenaient à travailler en groupe comme le stipulait le règlement des clubs JEC. Ils s’activaient ensemble pour réussir. Ils apprenaient à gérer des ressources humaines, financières et matériels. Malgré quelques dérapages se fut une expérience très enrichissante pour ceux qui ont eu la chance de vivre ces moments inoubliables. Ce fut encore plus émouvant lorsque Shell Gabon décide d’organiser à Libreville la grande convention des Clubs Jeunes en Création du Gabon. Une rencontre où les jeunes sélectionnés de chaque club existant sur le territoire national devaient se rencontrer pour discuter de leurs différentes prestations, échanger leurs expériences et apprécier le travail des uns et des autres. Pendant ces rencontres, des formations étaient organisées pour la satisfaction de tous les jeunes. Mais le plus dure c’était lorsqu’il fallait se séparer… chacun devait regagner sa province, sa ville, son établissement, son club…mais l’espoir de se retrouver à la prochaine convention (dans 2 ans) maintenait la flamme dans le cœur de chacun car le défi était lancé. Je pourrais vous en dire plus, si vous le souhaitez écrivez-moi. Pour l’instant retenez que Shell Gabon était devenue une référence, un modèle sûr pour de nombreux jeunes gabonais, et les clubs Jeunes en Création un lieu d’épanouissement véritable pour une jeunesse responsable.
Mais, subitement et contre toutes attentes, Shell Gabon décida l’arrêt des activités des clubs Jeunes en Création. Qu’allait devenir tous ces projets qui avaient démarrés (la fabrication et la vente des feuilles de manioc et de niemboué conditionnés en sachets lancé par le club JEC de Moanda)? Qu’allait devenir tous ces jeunes motivés dans la création de micro projets au sein de leur établissement (Djamel et Anicet à Oyem ; Succulent à Tchibanga ; Arnaud Mvet et Arnaud Ouatchou à Libreville ; Pipette à Bitam ; Rodrigue, Arnaud et bien d’autres à Gamba qui avaient un projet de vente de fagots de bois dans la ville ; Roland à Port-Gentil ; Marina, Didier et Hilaire Igondjo à Lambaréné) ? Qu’allait devenir tout ce que Shell Gabon avait appris à ces jeunes en terme de RESPONSABILITE, d’ETHIQUE, de RESPECT DE LA CREATION et des ACQUIS ? Qu’allait penser ces messieurs et ces dames qui s’étaient engagés à venir en aide aux clubs JEC des villes de Moabi, Mayumba, Gamba, qui avaient des projets qui influençaient les habitants de leurs villes respectives ? Qu’allait devenir le rêve de tous ces jeunes qui commençaient à se forger un objectif de vie ?
Quelle image de Shell Gabon a cette jeunesse qui ferra partie dans quelques années des adultes de demain ? Pensez-vous que cela soit à l’avantage de Shell Gabon ?… même vous-même !
Shell Gabon... un bourreau pour les jeunes gabonais...
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