"Le mois prochain, le groupe d'enquête indépendant publiera son rapport final et délivrera ses conclusions, fondées sur plus de 1 100 interviews dans dix pays différents, et sur l'analyse d'enregistrements et de transcriptions classés top secret d'interrogatoires de membres d'Al Qaida en prison", note l'International Herald Tribune. Sur sa une, le quotidien américain publié à Paris résume les révélations de la commission d'enquête, à savoir que les attaques visaient à l'origine de grands bâtiments en Californie et à Washington, notamment le Capitole, siège du Congrès américain, mais aussi le FBI et la CIA, que l'opération était initialement prévue pour le mois de mai 2001, que ni l'Arabie Saoudite, ni l'Irak, ni aucun autre gouvernement n'ont financé Al Qaida. Le rapport brosse un tableau effarant des propositions et débats internes à l'organisation terroriste pour la préparation des attentats. "Dans les camps d'entraînement d'Al Qaida, les stagiaires et autres membres rivalisaient d'idées macabres dans un milieu où chacun était invité à imaginer des attaques à grande échelle."
Dans la masse d'informations et de précisions apportées par la commission d'enquête, The Independent consacre son gros titre de couverture au "verdict officiel : la Maison-Blanche a trompé le monde sur Saddam". Pour illustrer son propos, le quotidien britannique affiche les portraits de George W. Bush, Dick Cheney, Donald Rumsfeld et Condoleezza Rice, avec, au-dessous, leurs contre-vérités sur les liens supposés entre Al Qaida et le régime de Saddam Hussein. La commission d'enquête porte un "coup désastreux à la crédibilité de l'administration Bush".
Selon la commission, "il n'y a pas de preuve que l'Irak et Al Qaida ont collaboré pour des attentats aux Etats-Unis", rapporte le Washington Post. "Les adversaires de l'administration Bush se réfèrent à cette conclusion pour démontrer que le vice-président Dick Cheney a répété jusqu'à ces derniers jours ses mensonges sur les prétendus liens entre l'Irak et Al Qaida."
"Les critiques de la Maison-Blanche parlent de politique délibérée pour manipuler l'opinion publique et créer une association entre Saddam et les attentats de New York et de Washington. On peut dire que ce plan a fonctionné", renchérit The Independent.
"Maintenant, le président Bush devrait présenter ses excuses au peuple américain", estime le New York Times dans son éditorial. Certes, "Bush a raison de dire qu'il ne peut être blâmé pour tout ce qui s'est passé le 11 septembre ou avant. Mais il est responsable de l'attitude de son administration depuis cette date. Cela comprend les fausses déclarations faites aux Américains, une chose impardonnable."