La colonisation:

Comme pour les autres colonies de l'AEF, le premier âge colonial fut celui des grandes compagnies concessionnaires, qui exploitèrent l'ivoire, le caoutchouc et surtout, dans le cas du Gabon, le bois d'okoumé, essence servant à la fabrication du contreplaqué. Après la Première Guerre mondiale, les perspectives de la forêt semblaient infinies et de nombreux colons se lancèrent dans l'aventure du bois. Beaucoup firent faillite pendant la crise économique des années 1930. L'instauration de l'impôt par tête et du travail forcé contraignit les populations à intégrer l'économie coloniale, dans des conditions pénibles: les salaires versés par les grandes compagnies étaient souvent dérisoires et les mauvais traitements fréquents. A partir de 1913, le Dr Albert Schweitzer fit construire un dispensaire à Lambaréné et tenta de mettre en oeuvre une colonisation plus humaine.
La Seconde Guerre mondiale marque un tournant dans l'histoire du Gabon. En 1940, quelques jours après la prise de Libreville par les Alliés, l'administration coloniale se rallia au général de Gaulle. Comme en 1914, de nombreux Gabonais furent enrôlés dans l'armée française. En contrepartie de leur contribution, ils espéraient que le régime colonial serait assoupli. Après la guerre, deux personnalités politiques s'affirmèrent: Jean-Hilaire Aubame, député au Parlement français, et Léon M'Ba, maire de Libreville et fondateur du Bloc Démocratique Gabonais (BDG). Le statut du Gabon évolua, avec la création de l'Union française en 1946 et la loi-cadre de 1956. Le référendum de 1958 sur la Communauté française reçut 92% de «oui» et, le 17 août 1960, le Gabon accéda à l'indépendance et devint une république autonome.