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| La surcharge de travail comme source de stress |
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| Source
de l'info : Travail de classe |
| Posté par adjendja
le mardi 27 juin 2006.
nombre de visites: 2297
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SYNTHESE CRITIQUE D’UN ARTICLE
Contexte Psychoculturel des infirmiers à Malawi:
Source de stress, travail excessif, imitation et satisfaction
Karl PELTZER
1- Résumé
L'article de psychologie africaine, 1997, XXVIII, 2 : 149-176 écrit par Karl PELTZER s'intitulant « Contexte psychoculturel des infirmiers à Malawi: source de stress, de travail excessif, d'imitation et de satisfaction », nous présente une étude sur le travail d'infirmier à Malawi. Partant du constat que « les changement socio-économique et la prise en charge des malades chroniques ou en phase terminale ont un impact sur le rôle que jouent les infirmiers à Malawi ».
L’article nous est présenté en Quatre parties
* Une première partie servant d’introduction nous décrit la situation dans laquelle se trouvent les infirmiers, c’est-à-dire condamnés à sauver des vies malgré les conditions très difficiles de travail.
* La deuxième partie nous présente les méthodes utilisées dans l'étude de SUNGANI en 1988, suivant le constat fait. Ces méthodes sont essentiellement des entrevues (enquêtes structurées en entreviews et dialogues) en reference au contexte psychoculturel, l'analyse herméneutique (selon les procédures de KOCKELMANS).
* La troisième partie renferme les résultats de l'étude groupés en 6 concepts. Les tresseurs parmi lesquels l'environnement, le manque de ressources, les relations interpersonnelles, la surchage de travail, la crainte d'être contaminé, le refus de coopérer, affronter la mort...,les incidents critiques que sont l'agonie des patients, le refus de coopérer et l'agressivité des parents, les procédures médicales incorretes, l'infection au V.I.H., les nouvelles conditions médicales non expliquées, les erreurs médicales, les patients intimidants..., les incidents culturels: les conflits disparité traditionnelles-médicaments, famille-tabous, avec le concept de maladie, la religion, les pratiques sexuelles, le planing familial, la mort..., les symptômes du burn-out, les copies et les contentements; ont été développés et relativisés pour plus d'un cas, suivant les concepts clés du contexte psychoculturel du métier d'infirmier.
* La quatrième partie tient lieu de discussion et de conclusion. Elle retrace succinctement l'étude et tire les enseignements du travail stressant des infirmiers à Malawi. Après quoi quelques propositions sont faites pour l'amélioration des conditions de travail du métier d'infirmier.
Ce document nous semble bien structuré. En effet, une introduction, un développement en deux parties (Méthodes, résultats) et une conclusion (précédée d'une discussion) organisent cet article avec des témoignages (des infirmiers), des opinions des auteurs ayant mené des investigations dans ce sens (SUNGANI (1988), Stubbs & Cronin (1977)...), et des précisions sur l'environnement immédiat des intéressés et, donc des informations recherchées suite aux interrogations du lecteur.
2- Commentaire
La surcharge de travail comme source de stress chez les infirmiers.
La surchage de travail est un aspect des résultats de l'étude sur lequel nous voulons argumenter.
En effet, l'étude de SUNGANI de 1988 sur le travail excessif des infirmiers à Malawi montre que cet aspect renforce le stress chez les infirmiers et a des répercussions terribles sur le rendement et la motivation au travail de ces desrniers.
Tout d'abord, l'article présente trois témoignages d'infirmières qui mettent en situation de consternation face aux multiples sollicitations dont une seule infirmière fait l'objet ( 7 patients à prélever en même temps). L'auteur s'appuie sur le nombre important de patients pour nous permettre de visualiser la situation embarrassante dans laquelle se trouve le soignant. Ainsi une infirmière pouvait se retrouver seule avec 18 à 150 patients.
Ensuite il nous présente les effets néfastes de cette saturation (l'irritation, s'en prendre inconsciemment aux patients). En effet, il fait parler les « victimes » pour expliquer son observation, tel que "au Malawi la population est soumise à : l'insuffisance des structures sanitaires, au nombre réduit d’ infirmiers , ..." .
Par la suite il met en évidence "le côté borné" des patients et de leur famille qui encombre le travail davantage. Dans le même ordre d'idées, il dénonce le problème "du besoin d'attention immédiate de tous les patients à la fois ".
A nos yeux, les propos formulés par les infirmières sont véridiques. En effet, "le manque d'attention ou la négligence" porte atteinte à la condition humaine puisque l'assistance est indispensable au patient, et il lui paraît révoltant d'accepter que le soignant trouve la raison de son appel inutile ou ne lui prête pas attention. De plus, il est utile de contenter l'ensemble des malades pour une meilleure appréciation de ces derniers.
La surcharge de travail, l'ambiguïté des rôles, les relations au travail, la souffrance du malade et soins font partie des facteurs les plus souvent retrouvés dans les enquêtes. Des enquêtes ont mis en évidence un lien entre surcharge de travail et nombre de symptômes ou indicateurs de stress : alcoolisme, absentéisme, prise de psychotropes.... C'est en cela que Madeleine Estryn-Béhar (1997) affirme que l'influence des horaires de travail sur l'équilibre psychique est à l'origine du stress et de la souffrance des soignants à l'hôpital.
La notion de stress a pour origine les travaux de Selye montrant que toute action d'un agent agressif sur l'organisme entraîne un syndrôme général d'adaptation. « Le stress est une réponse de l'organisme aux facteurs d'agressions physiologiques et psychologiques ainsi qu'aux émotions qui nécessitent une adaptation »(DAVOINE Laurent, 2002). En 1946, Seyle décrit ce syndrôme évoluant en 3 phases :
- réaction d'alarme :
L'organisme est en alerte suite à une agression, à une menace, ce qui entraîne des réactions physiologiques(productions hormonales). Toute l'énergie de l'individu est mobilisée pour répondre à l'agression et ainsi l'organisme peut faire face à l'agent stresseur et maintenir l'équilibre interne.
- phase de résistance :
L'agression persiste, les réactions hormonales continuent à se manifester. L'individu tente alors de rétablir l'équilibre perturbé par différentes stratégies et ne peut faire face à plusieurs sources de stress et se fatigue rapidement.
- phase d'épuisement :
L'organisme est fatigué, apparition de maladies.
Les éléments de surcharge psycho-émotionnelle chez les infirmiers et infirmières d'une unité de soins de grands brûlés ont été étudiés par Libouban (1985), porter, transférer ces malades qui souffrent oblige à une confrontation constante avec la douleur, être présent et vigilant sans cesse nécessite de garder un tonus d'activité pour faire face aux imprévus. L'auteur de cette étude se demande comment les soignants agissent et réagissent face à ce climat violent et angoissant, comment ils affrontent ce spectacle horrible tous les jours. Cette accumulation sensorielle pèse lourdement sur le personnel et induit le recours à des réactions de défense.
Selon l'auteur 5 manifestations comportementales acquièrent ainsi valeur de stratégie défensive :
1) Formation d'une équipe apparemment solidaire, les soignants disent " l'équipe vous aide, elle vous soutient". Il y a toujours quelqu'un pour vous remonter le moral.
2) Hyperactivité de l'équipe toujours sur le qui-vive. Expression orale incessante.
3) Pas d'absentéisme "tenir à tout prix" constitue une priorité.
4) Le déferlement de paroles quand ils évoquent le vécu de leur travail. Ils n'ont aucune appréhension à parler de leur travail. Leur histoire est constituée d'une succession d'incidents et d'anecdotes qu'ils livrent spontanément comme pour se libérer d'une tension.
5) Agressivité paradoxale dans leur métier : parler haut et fort, faire du bruit, c'est ne plus entendre les cris.
L'agressivité réactionnelle n'est pas tellement tournée contre les malades mais plutôt contre les membres de l'équipe sous forme de railleries, de plaisanteries. Le fait d'aiguiser entre eux un certain tonus de violence les aide à supporter la violence des conditions de travail et fonctionne comme une cuirasse de défense contre la souffrance.
La surcharge de travail est surtout accentuée par les horaires de travail. THIERRY et MEYMAN (1994) ont idétifié les principales caractéristiques des horaires de travail ayant un effet particulièrement stressant sur le travail. En effet, le volume d’heures de travail par semaine et par jour entraîne une fatigue physique et un sentiment de surcharge. C’est ainsi que les infirmiers de Malawi et ceux de certaines structures hospitalières des coins reculés du Gabon (acculés et irrités par le faible effectif) se trouvent être débordés par leur travail (les patients qui n’arrêtent pas de défiler et de se plaindre) et, sont succeptibles de se liver à des emportements intempestibles.
Au terme de notre argumentation, nous retiendrons que la surcharge de travail vécu par les infirmiers est déterminante dans l'accomplissement et l'éfficacité de leur travail. Cette dernière est vue par les patients comme un prétexte au manque d'attention et aux attentes des souffrants ou encore un moyen de s’adonner d’avantage aux racontards). Les soignants pour leur part vivent très mal cet avènement qui est un stresseur de premier rang et un agent démotivant dans le métier. Bien que le métier d'infirmier est exercé différement dans les pays les plus nantis d'Europe et ceux les plus pauvres d'Afrique, la surcharge de travail est la cause de plusieurs dégats physiques et psychiques, entrainant ainsi une incidence dans l'accomplissement de la tâche d'infirmiers. Qu' à cela ne tienne, le stress est donc une énergie nécessaire à la vie, c’est une émotion normale. Mais attention ! c’est une énergie à maîtriser car un stress mal contrôlé peut devenir gravissime.
Documentation :
L'article de Karl PELTZER
Notes de cours
Internet Explore: www.google.fr / www.altavista.com
Mémoire: DAVOINE Laurent (2002), Le Stress des Soignants aux Urgence, Université catholique de Lille (publié sur Internet)
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